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Blog > Un web plus green, c'est possible !

 

Les conséquences du réchauffement climatique sont d’actualité. Nous avons de plus en plus peur pour l’avenir de la planète et les mouvements citoyens voient le jour partout dans le monde. Production de masse, société de consommation, production intensive de matières non biodégradables comme le plastique. Bref, les statistiques sont alarmantes, c’est notre mode de consommation qui doit être remis en question dans ce contexte écologique. Et la technologie dans tout ça ? Quelle est sa place ? Quelle est notre mode de consommation du web ?  Quel est son impact sur l’environnement ?

 

Aujourd’hui, nous ne serions pas l’humain que nous sommes sans internet et les technologies. Nous sommes devenus des homos digitalis. En effet, depuis le world wide web créé il y a 30 ans par Tim Berners-Lee, nous en avons fait du chemin ! Tablette, smartphone, voiture intelligente, drone, fibre optique, 5G ; plus rien n’arrête l’évolution fulgurante de la technologie.

On estime que les technologies du web consomment 10% de l’électricité mondiale, l’équivalent de la production de  40 centrales nucléaires. 

En divisant la consommation du web en plusieurs catégories, on distingue :

  • les installations (câbles, etc.),
  • les data centers,
  • l’utilisateur final (nous).

 

Les installations IT

Saviez-vous qu’aujourd’hui la terre est reliée sous les océans par plus d’un million de kilomètre de câble en fibre optique. C’est en 1850 que le premier câble sous-marin est posé entre la France et l’Angleterre. Le premier câble transatlantique en fibre optique est posé en 1988.

Aujourd’hui, ce million de kilomètre de câble est responsable de 28% de l’émission de gaz à effet de serre du web.

La pollution est également générée dans le matériel utilisé pour la conception du Hardware. En effet, nos smartphones, ordinateurs, serveurs, etc., sont composés de matériels polluants et peu recyclables (plastiques, métaux rares, etc.). Ainsi, quand notre machine est en fin de vie, il y a peu de composants réutilisables et recyclables. Toutes ces matières s’accumulent dans des dépotoirs électroniques à l’autre bout du monde sans que l’on sache quoi en faire. 

 

 

 Les datacenters

Les lieux emblématiques qui stockent tous nos données virtuelles sont eux aussi très polluants. On en dénombre aujourd’hui plus de 3200 dans le monde, rien que pour Google. En Belgique, nous possédons un data center Google dans la région de Mons et un deuxième est en construction dans la même région.

Le stockage des données représente 25% d’émission de gaz à effet de serre sur l’ensemble de la consommation énergétique du web. C’est donc très énergivore pour plusieurs raisons :

  1. Les data center stockent toutes nos données (nos mails, nos vidéos YouTube, nos photos dans le Cloud, etc.).  Pour avoir une idée du nombre et de la vitesse des échanges sur internet, visitez le site web Internetlivesstats, c’est très impressionnant.
  2. Les data center nécessitent d’être constamment allumés et consomment donc de l’énergie toute la journée, toute l’année.
  3. Les serveurs ont tendance à chauffer. Ils doivent être refroidis pour rester à une température d’environ 20°C.
  4. De plus, les données stockées dans ces serveurs sont conservées de façon redondante afin d’éviter aux grandes compagnies telles que Google et Facebook, qui stockent nos données, de subir un procès pour perte de données.

On estime que d’ici 2020 les data centers concentreront un 5éme de l’électricité mondiale. L’arrivée des technologies du Big Data et l’augmentation de la production des données n’ont pas facilité la réflexion vers un web écologique.

 

Les utilisateurs

Les utilisateurs représentent 47% des émissions de gaz à effet de serre du web. Chaque seconde, nous publions 29 0000 gigaoctets d’information dans le monde.  Selon Facebook, chaque utilisateur représente en moyenne 263 gr de CO2 par an, ce qui représente la consommation d’une voiture qui parcourt un kilomètre. Ce n’est pas grand-chose à l’échelle individuelle, mais il faut multiplier ce chiffre par le nombre total d’utilisateurs Facebook soit 1,7 milliard.

 

 

Des chiffres en détail

On considère que lire, envoyer et stocker un email avec une pièce jointe représente 25 gr d’équivalent carbone. Pas grand-chose à l’échelle individuelle, n’est-ce pas ? Peut-être, mais nous échangeons à travers le monde environ 10 milliards d’emails par heure. Je vous laisse faire le calcul.

Dans le monde professionnel, une entreprise de 100 salariés qui réduit de 10% ses mails fait l’économie de 1 tonne de CO2.

Chaque minute, 400 heures de vidéos sont uploadées vers le web. Visionner une vidéo sur une plateforme de streaming telle que YouTube représente 1,2 % de la consommation électrique mondiale.  Sachez que c’est le streaming vidéo qui est le plus énergivore sur internet et bien sûr, regarder une vidéo en HD consomme encore plus. Cela représente 58% de la bande passante dont 15% dédié uniquement à Netflix. 

 

Petit fait frappant : les 3,2 milliards de vues engrangées par la vidéo Gangnam style équivalent à la production annuelle en électricité d’une petite centrale nucléaire.

 

Une petite histoire du Green IT

Depuis quelques années, la prise de conscience sur la crise climatique a fait apparaître un terme sur la toile. Green IT, Green web, etc. C’est en 2003 que le terme Green IT fait son apparition sur la toile. On parle alors Green computing ou d’informatique durable. Les secteurs et entreprises se rendent compte des effets négatifs des technologies sur le changement climatique. De plus en plus, en Europe et dans le monde, des mesures sont prises pour réduire cet impact. Le Green IT, c’est avant tout une volonté de réfléchir le web et la technologie à un niveau plus écologique. L’objectif du Green IT est de réduire l’empreinte écologique, économique et sociale des TIC à toutes les étapes de la vie du matériel : fabrication – utilisation – fin de vie.

 

Dans ce contexte, on voit apparaitre des langages de programmation plus « écologiques ». Ce sont des langages dont la longueur des lignes de code sont plus courtes et donc plus économiques. Ou encore la création de site web dits « low tec » : « ensemble de techniques simples, pratiques, économiques et populaires. Elles peuvent faire appel au recyclage de machines récemment tombées en désuétude ». Le low tech c’est aussi l’utilisation de l’énergie renouvelable et la mutualisation du matériel IT.

Des conseils pour un web plus green

 

Voici quelques conseils pour éviter un maximum la pollution du web et ainsi réduire son empreinte carbone :

  1. Effacez toutes les données obsolètes : les mails anciens et inutiles dans la boite mail, les boites mails inutiles, les doublons dans le Cloud, etc.
  2. Évitez d’avoir trop d’onglets ouverts en permanence,
  3. Éteignez vos modem privées la nuit et quand vous vous absentez pendant de longues heures (par exemple quand vous vous rendez au travail).  En effet, une boxe branchée toute la nuit équivaut à un demi-réacteur nucléaire fonctionnant en continu en France.
  4. Au moment de taper votre demande dans un moteur de recherche, pensez à formuler vos critères de recherche plus précisément afin d’éviter de trop solliciter le navigateur et les serveurs.
  5. Si vous vous rendez régulièrement sur un site web, vous avez sans doute retenu son url. Vous pouvez taper directement l’URL pour éviter de faire une recherche dans votre navigateur. Si le lien URL est trop compliqué, rajoutez un raccourci dans votre barre de favoris.
  6. Vous pouvez également utiliser un navigateur plus responsable du style ecosia, lilo, etc.
  7. Il est également possible de se tourner vers l’achat du « Fairphone » : téléphone ne contenant aucun métal rare, durable, réparable et recyclable et fabriqué dans des usines respectueuses des critères sociaux.

 

L’industrie du web, big pollueur ?

La liste des actions écoresponsables est longue. Au final, malgré tous ces avertissements, le web reste un petit pollueur à côté d’autres industries comme le secteur agro-alimentaire, ou le secteur énergétique et pétrochimique, mais les petits gestes écoresponsables du quotidien peuvent réellement faire la différence.

Du côté des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft), on constate une volonté  d’investir en énergie renouvelable pour préserver son attractivité vis-à-vis des clients. Cependant, ce qui est renouvelable n’est pas forcément propre. En effet, pour faire de l’éolien, par exemple, il faut des métaux rares et des composants non recyclables.

Doit-on en arriver à des mesures plus restrictives pour conscientiser le consommateur ? Nous y viendrons probablement dans quelques années, pour le moment concentrons nos efforts sur la sensibilisation de tous les acteurs tant privés que professionnels.

 

N’attendons plus, faisons les petits gestes pas à pas !

Car comme le disait Confucius : « Celui qui déplace une montagne commence par déplacer de petites pierres ».

 

Cet article a été largement inspiré des vidéos très documentées du professeur Feuillage :

La pollution du web (2016)

Green Web 2018 (4 vidéos)

 

Christina